Une banque en ligne sans frais reste-t-elle gratuite quand on ouvre un compte-titres ?

Finance

Une banque en ligne sans frais l’est surtout côté tenue de compte. Sur un compte-titres, d’autres lignes de tarif apparaissent : courtage à chaque ordre, droits de garde annuels, commissions de change. Selon l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), un ordre de 1 000 € coûtait en moyenne 6,50 € dans une banque de réseau en janvier 2026, contre 1,50 € chez un néo-courtier. La gratuité affichée en façade renseigne assez mal sur le coût réel d’un portefeuille.

Que couvre réellement la gratuité d’une banque en ligne ?

La gratuité vise d’abord la tenue de compte. La carte bancaire, elle, ne reste gratuite que dans quelques banques en ligne, et sous conditions, relevait l’UNAF en octobre 2025. La moyenne du marché, pourtant, grimpe : dans son rapport de juin 2026, l’Observatoire des tarifs bancaires relève une hausse de 3,71 % des frais de tenue de compte, soit 0,80 € par an. Sur 102 établissements, 57 ont gelé leurs prix, 45 les ont relevés de 0,40 à 9,60 € par an. L’ensemble des services bancaires a renchéri de 2,7 % entre février 2025 et février 2026, pour une inflation de 0,9 %.

Quand vous investissez, un autre poste pèse davantage : la conservation des titres. L’intérêt de profiter d’une banque en ligne sans frais se lit d’abord sur les petits portefeuilles. Pour 10 000 € répartis sur dix lignes d’actions parisiennes, les droits de garde et frais de tenue de compte des banques de réseau atteignent en moyenne 0,72 % par an, soit 72 €, d’après l’AMF ; à 60 000 €, le taux retombe à 0,35 % (211 €). Moins vous placez, plus la facture fixe se remarque. Répartir la somme sur davantage de lignes alourdit encore la note.

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Combien coûte un ordre de Bourse selon l’établissement ?

Le courtage d’un ordre de 1 000 € sur Euronext Paris ressort en moyenne à 6,50 € (0,65 %) en banque de réseau, 4,50 € (0,45 %) chez les banques et courtiers en ligne installés, 1,50 € (0,15 %) chez les néo-brokers. L’AMF a relevé ces tarifs au 15 janvier 2026 auprès de 23 banques et de 14 intermédiaires en ligne. Les petits ordres coûtent proportionnellement bien davantage : 5,58 % pour 100 € en banque de réseau, où une commission minimale de 5 à 12 € s’applique, contre 2,59 % en ligne. Deux néo-brokers sur sept annoncent la gratuité du courtage. Frais de change et de correspondants exclus.

Ces moyennes supposent une transaction par mois, la formule la moins chère pour chaque montant et le respect des conditions d’exonération des frais de tenue de compte. Un autre profil, un autre résultat.

Quels frais échappent à la comparaison des tarifs ?

Trois postes n’apparaissent pas dans les moyennes. Certaines formules de courtage n’exonèrent des frais de tenue de compte qu’à partir d’un nombre minimal de transactions, et un établissement en ligne du panel de l’AMF facture même des droits de garde aux clients qui passent peu d’ordres. Sur les places étrangères, des frais de correspondants ou une commission de change s’ajoutent. Reste le spread, l’écart entre cours acheteur et cours vendeur, plus large chez certains prestataires selon la façon dont ils exécutent les ordres.

L’AMF pointe aussi un travers plus discret : chez les intermédiaires exclusivement en ligne, l’absence de frais est mise en avant de façon promotionnelle, sans qu’aucun document ne rassemble l’information tarifaire. Difficile, dès lors, de comparer. S’y ajoute, en sus des commissions de courtage, la taxe sur les transactions financières, de 0,4 % en France pour les entreprises de grande taille.

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Que change la fiscalité 2026 au coût d’un compte-titres ?

Le prélèvement forfaitaire unique s’établit à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu, 18,6 % de prélèvements sociaux), contre 30 % auparavant, précise Service-Public. Il frappe par défaut les plus-values de cession de valeurs mobilières, sauf choix du barème progressif, quelle que soit la banque.

Les frais, eux, varient. L’administration fiscale en reconnaît une partie : impots.gouv.fr autorise à réduire le prix de cession des frais supportés à la vente, courtage compris. Un ordre de vente facturé 6,50 € diminue la plus-value imposable d’autant, soit environ 2 € d’impôt en moins à 31,4 %. En cas de gain, le fisc compense donc moins d’un tiers de chaque euro de courtage, et le reste grève directement le rendement.

Les relevés de l’AMF reposent sur les informations précontractuelles que chaque établissement met à disposition. La brochure tarifaire de la banque visée offre de quoi refaire le calcul avec votre propre profil : montant investi, nombre de lignes, fréquence des ordres, part de valeurs étrangères. Une lecture attentive suffit souvent à départager deux offres également gratuites en façade.

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